Jag de Bellouet est un trotteur de légende qui restera à part dans l'histoire des courses.
A sa manière, il nous a écrit quelques belles pages de l'Histoire du courses et nous a fait ressentir des émotions sans doute comparable aux grandes victoires de Bellino II, Ourasi ou encore Idéal du Gazeau. Il détient une place à part aux cotés des plus grands.
Trotteur très complet, gagnant sur toutes distances au monté et à l'attelé, le "Jaguar" a notamment réalisé ce que seul Bellino II a réussi avant lui: le doublé Cornulier-Amérique deux années de suite.
Jag de Bellouet est devenu le trotteur français le plus riche de tous les temps puisqu'il a quitté la compétition avec 4.223.691 euros de gains, dividende de ses 36 victoires et 30 places, acquises aussi bien au sulky (2.553.471 euros) que sous la selle (1.670.200 euros).
A l'image de nombreux cracks, Jag de Bellouet a une histoire peu banale. Il est déniché en septembre 1998, yearling, par Christophe Gallier pour un peu plus de 40 000 francs.
Le jeune entraîneur agit alors pour le compte des époux Izard, qui lui ont confié une enveloppe de 100.000 francs. Le cheval est alors loué en carrière de course et portera les couleurs de son locataire, Michel Gallier, le père de Christophe.
A 3 ans, Jag de Bellouet court uniquement sous la selle, où il gagne le premier semi-classique réservé à sa génération, le Prix Edouard Marcillac.
Il est impossible, à l'époque, d'imaginer que ce fils de Vikings' Way va occuper le devant de la scène, trois ans plus tard.
En 2001 et 2002, où il effectue ses deux premières saisons de monte, il court à quarante reprises pour seulement cinq succès, dont quatre à l'attelage, avec deux semi-classiques à la clé. En janvier 2002, Christophe Gallier a tout de même aligné son pensionnaire, agé de 5 ans, au départ de son premier Prix d'Amérique où il se voit disqualifié.
C'est à 6 ans et surtout lors du meeting d'hiver 2003/2004, où il prend 7 ans, que Jag de Bellouet change de dimension, en épinglant tout d'abord le premier classique de sa carrière, le Prix de Cornulier sous la selle tout en battant le record de la course.
Il conclut également au troisième rang du Prix d'Amérique, en réalisant un drôle de truc. Prenant un départ catastrophique après quelques foulées de galop, il perd 40 mètres et se retrouve bon dernier. Il passe ensuite à l'attaque en contournant l'intégralité du peloton en quatrième épaisseur dans la montée pour se porter dans le groupe de tête. Laissant passer le futur lauréat Késaco Phédo et soufflant dans son dos, il se relance dans la ligne droite pour obtenir une extraordinaire troisième place.
Par la suite, il lutte avec un exceptionnel Naglo pour la victoire dans le Prix de France avec record à la clé et écrase ses adversaires dans le Prix de Paris, où il ne rencontre aucune opposition.
Auparavant, durant le printemps précédent, il avait déjà dévoilé de belles possibilités en luttant contre Insert Gédé pour la victoire dans le Prix René Ballière avant de s'enlever, au galop.
Suite à son triomphe dans le Prix de Paris, il remporte le Prix de l'Atlantique à Enghien (2.150 mètres autostart) puis prend sa revanche dans le Prix René Ballière (2.100 mètres, autostart) à Vincennes, montrant son éclectisme.
En pleine force de l'âge, ne souffrant plus de problèmes d'allures, ce cheval au compas exceptionnel va gagner, en 2004, onze de ses treize sorties, pour 1.260.000 euros.
Son année de 8 ans, en 2005, est du même tonneau: quatorze sorties, huit victoires dont le doublé Prix de Cornulier/Prix d'Amérique, avec le nouveau record du Cornulier en poche et à nouveau les Prix de l'Atlantique et René Ballière, avec 1.359.900 euros à la clé. On ne peut cependant pas s'empêcher de penser à son Prix de France, où ses adversaires le tiennent au chaud durant l'intégralité du parcours. Lorsqu'il trouve l'ouverture, sa jambe touche le sulky du cheval qui le précédait, Ilster d'Espiens, et il se voit disqualifié.
Il devient durant cet été 2005, le premier trotteur à descendre sous la barre des 1'10 sur la piste d'Enghien en remportant le Prix de Washington en 1'09"9.
Jag de Bellouet est alors au sommet de sa gloire quand il réalise, en janvier 2006, un nouveau doublé Prix de Cornulier/Amérique, en établissant une troisième fois le record du Prix de Cornulier et gagne dans la foulée le Prix de France, alors que tout le monde l'annonçait sur le déclin en raison de légers problèmes de santé. Ce sera d'ailleurs, probablement, le dernier cheval à remporter le Prix de Cornulier avec la monte traditionnelle.
Mais en mars 2006, le champion est déclassé de son succès dans le Prix d'Amérique, des suites d'un prélèvement positif lié à une contamination alimentaire dans un lot de vitamine C. Seul et unique responsable, le laboratoire Vetoquinol a reconnu la contamination d'un lot de vitamine par de l'acide tolfénamique.
Hélas, un second coup dur a lieu trois mois plus tard: Jag de Bellouet qui a surclassé ses adversaires dans l'Elitlopett, à la fin mai, et en battant le record de l'épreuve, après avoir réalisé un mémorable triplé Cornulier-Amérique-France, est distancé pour prélèvement positif, suite cette fois à un traitement de mésothérapie et un problème de rémanence d'un produit.
Les suédois prennent très mal la nouvelle et ont l'impression d'avoir été floués.
L'aura du champion s'en trouve écornée, même si le cheval gagne dans la foulée à Kymi en Finlande et son second Prix de Washington, le 1er juillet 2006, à Enghien. Ce sera sa dernière victoire.
En raison d'une inflammation à un tendon, le crack doit observer par la suite une longue période de repos. Il fait sa rentrée dans le Prix de Cornulier et obtient une excellente cinquième place après six longs mois de repos. Toutes les pensées les plus folles sont de nouveau permises quelques jours avant le Prix d'Amérique. Malheureusement, pour son dernier Prix d'Amérique, il subit les rigueurs des juges aux allures. Ce sera la dernière fois où il foulera le sol de Vincennes en course.
A compter de 2001 et excepté en 2004, Jag de Bellouet a mené une seconde carrière, au haras, où il a été un étalon recherché, donnant dès sa première année de monte l'excellent Opus Viervil, placé de Groupe I, lui aussi exploité par Christophe Gallier.
De tous les reproducteurs entrés au haras depuis 2001, il occupe la seconde place derrière l'intouchable Love You.
Désormais, Jag de Bellouet va se consacrer uniquement à sa carrière d'étalon et vivre au haras de la Cour.
Palmarès:
Prix d'Amérique
3 Prix de Cornulier
Prix de France
Prix de Paris
3 Prix de l'Atlantique
2 Prix René Ballière
Kymi Grand Prix (FIN)
Grand Circuit Européen
2 Prix de Washington
Prix Kerjacques
2 Prix Jules Lemonnier
2 Prix Reynolds
Critérium de Vitesse de Basse-Normandie
Prix Octave Douesnel
Prix Edouard Marcillac.
A sa manière, il nous a écrit quelques belles pages de l'Histoire du courses et nous a fait ressentir des émotions sans doute comparable aux grandes victoires de Bellino II, Ourasi ou encore Idéal du Gazeau. Il détient une place à part aux cotés des plus grands.
Trotteur très complet, gagnant sur toutes distances au monté et à l'attelé, le "Jaguar" a notamment réalisé ce que seul Bellino II a réussi avant lui: le doublé Cornulier-Amérique deux années de suite.
Jag de Bellouet est devenu le trotteur français le plus riche de tous les temps puisqu'il a quitté la compétition avec 4.223.691 euros de gains, dividende de ses 36 victoires et 30 places, acquises aussi bien au sulky (2.553.471 euros) que sous la selle (1.670.200 euros).
A l'image de nombreux cracks, Jag de Bellouet a une histoire peu banale. Il est déniché en septembre 1998, yearling, par Christophe Gallier pour un peu plus de 40 000 francs.
Le jeune entraîneur agit alors pour le compte des époux Izard, qui lui ont confié une enveloppe de 100.000 francs. Le cheval est alors loué en carrière de course et portera les couleurs de son locataire, Michel Gallier, le père de Christophe.
A 3 ans, Jag de Bellouet court uniquement sous la selle, où il gagne le premier semi-classique réservé à sa génération, le Prix Edouard Marcillac.
Il est impossible, à l'époque, d'imaginer que ce fils de Vikings' Way va occuper le devant de la scène, trois ans plus tard.
En 2001 et 2002, où il effectue ses deux premières saisons de monte, il court à quarante reprises pour seulement cinq succès, dont quatre à l'attelage, avec deux semi-classiques à la clé. En janvier 2002, Christophe Gallier a tout de même aligné son pensionnaire, agé de 5 ans, au départ de son premier Prix d'Amérique où il se voit disqualifié.
C'est à 6 ans et surtout lors du meeting d'hiver 2003/2004, où il prend 7 ans, que Jag de Bellouet change de dimension, en épinglant tout d'abord le premier classique de sa carrière, le Prix de Cornulier sous la selle tout en battant le record de la course.
Il conclut également au troisième rang du Prix d'Amérique, en réalisant un drôle de truc. Prenant un départ catastrophique après quelques foulées de galop, il perd 40 mètres et se retrouve bon dernier. Il passe ensuite à l'attaque en contournant l'intégralité du peloton en quatrième épaisseur dans la montée pour se porter dans le groupe de tête. Laissant passer le futur lauréat Késaco Phédo et soufflant dans son dos, il se relance dans la ligne droite pour obtenir une extraordinaire troisième place.
Par la suite, il lutte avec un exceptionnel Naglo pour la victoire dans le Prix de France avec record à la clé et écrase ses adversaires dans le Prix de Paris, où il ne rencontre aucune opposition.
Auparavant, durant le printemps précédent, il avait déjà dévoilé de belles possibilités en luttant contre Insert Gédé pour la victoire dans le Prix René Ballière avant de s'enlever, au galop.
Suite à son triomphe dans le Prix de Paris, il remporte le Prix de l'Atlantique à Enghien (2.150 mètres autostart) puis prend sa revanche dans le Prix René Ballière (2.100 mètres, autostart) à Vincennes, montrant son éclectisme.
En pleine force de l'âge, ne souffrant plus de problèmes d'allures, ce cheval au compas exceptionnel va gagner, en 2004, onze de ses treize sorties, pour 1.260.000 euros.
Son année de 8 ans, en 2005, est du même tonneau: quatorze sorties, huit victoires dont le doublé Prix de Cornulier/Prix d'Amérique, avec le nouveau record du Cornulier en poche et à nouveau les Prix de l'Atlantique et René Ballière, avec 1.359.900 euros à la clé. On ne peut cependant pas s'empêcher de penser à son Prix de France, où ses adversaires le tiennent au chaud durant l'intégralité du parcours. Lorsqu'il trouve l'ouverture, sa jambe touche le sulky du cheval qui le précédait, Ilster d'Espiens, et il se voit disqualifié.
Il devient durant cet été 2005, le premier trotteur à descendre sous la barre des 1'10 sur la piste d'Enghien en remportant le Prix de Washington en 1'09"9.
Jag de Bellouet est alors au sommet de sa gloire quand il réalise, en janvier 2006, un nouveau doublé Prix de Cornulier/Amérique, en établissant une troisième fois le record du Prix de Cornulier et gagne dans la foulée le Prix de France, alors que tout le monde l'annonçait sur le déclin en raison de légers problèmes de santé. Ce sera d'ailleurs, probablement, le dernier cheval à remporter le Prix de Cornulier avec la monte traditionnelle.
Mais en mars 2006, le champion est déclassé de son succès dans le Prix d'Amérique, des suites d'un prélèvement positif lié à une contamination alimentaire dans un lot de vitamine C. Seul et unique responsable, le laboratoire Vetoquinol a reconnu la contamination d'un lot de vitamine par de l'acide tolfénamique.
Hélas, un second coup dur a lieu trois mois plus tard: Jag de Bellouet qui a surclassé ses adversaires dans l'Elitlopett, à la fin mai, et en battant le record de l'épreuve, après avoir réalisé un mémorable triplé Cornulier-Amérique-France, est distancé pour prélèvement positif, suite cette fois à un traitement de mésothérapie et un problème de rémanence d'un produit.
Les suédois prennent très mal la nouvelle et ont l'impression d'avoir été floués.
L'aura du champion s'en trouve écornée, même si le cheval gagne dans la foulée à Kymi en Finlande et son second Prix de Washington, le 1er juillet 2006, à Enghien. Ce sera sa dernière victoire.
En raison d'une inflammation à un tendon, le crack doit observer par la suite une longue période de repos. Il fait sa rentrée dans le Prix de Cornulier et obtient une excellente cinquième place après six longs mois de repos. Toutes les pensées les plus folles sont de nouveau permises quelques jours avant le Prix d'Amérique. Malheureusement, pour son dernier Prix d'Amérique, il subit les rigueurs des juges aux allures. Ce sera la dernière fois où il foulera le sol de Vincennes en course.
A compter de 2001 et excepté en 2004, Jag de Bellouet a mené une seconde carrière, au haras, où il a été un étalon recherché, donnant dès sa première année de monte l'excellent Opus Viervil, placé de Groupe I, lui aussi exploité par Christophe Gallier.
De tous les reproducteurs entrés au haras depuis 2001, il occupe la seconde place derrière l'intouchable Love You.
Désormais, Jag de Bellouet va se consacrer uniquement à sa carrière d'étalon et vivre au haras de la Cour.
Palmarès:
Prix d'Amérique
3 Prix de Cornulier
Prix de France
Prix de Paris
3 Prix de l'Atlantique
2 Prix René Ballière
Kymi Grand Prix (FIN)
Grand Circuit Européen
2 Prix de Washington
Prix Kerjacques
2 Prix Jules Lemonnier
2 Prix Reynolds
Critérium de Vitesse de Basse-Normandie
Prix Octave Douesnel
Prix Edouard Marcillac.
